Appel à signature

 

Malgré l'urgence sanitaire que constitue la prévention des hépatites et des autres maladies infectieuses auprès des usagers de drogues par voie intraveineuse, la cohérence et le financement du dispositif de réduction des risques auprès de ce public n'est plus assuré.

 

En signant le texte ci-dessous, vous soutenez la démarche du dispositif et vous l'aidez à renforcer le poids des démarches actuellement entreprises auprès des pouvoirs publics.

 

L'ensemble des signataires de la présente sont interpellés par la situation alarmante du dispositif de réduction des risques auprès des usagers de drogues par voie intraveineuse et particulièrement par le manque de disponibilité du matériel stérile d'injection indispensable, entre autres, à la prévention du Sida et des hépatites.

La consommation de drogues constitue un phénomène de société complexe et globale qui concerne l'ensemble de la population de notre pays. Face à cette réalité, différents programmes de prévention, de réduction des risques, d'aide et de soins cherchent à offrir des solutions adaptées aux besoins des usagers et de leur entourage.

Les dispositifs d'échange de seringues constituent non seulement des lieux où des personnes peuvent acquérir gratuitement du matériel d'injection stérile mais aussi de l'information, une écoute voire des soins médicaux ou une orientation des demandes psycho-sociales. Ils rendent également possibles la récupération des seringues usagées et la prévention des nuisances publiques et de l’exclusion sociale. Donner le meilleur accès au matériel et aux informations de réduction des risques reste la manière la plus efficace et la moins coûteuse de protéger l’ensemble de la communauté.

Le public cible des usagers de drogues injecteurs (UDI) est particulièrement vulnérable au virus du Sida et doit constituer une priorité pour les programmes de prévention. A ce risque s’ajoute entre autres le risque de séroprévalence VHC encore nettement plus élevé que le risque de séropositivité. Aujourd’hui en Belgique les statistiques montrent que 80% des UDI risquent de développer rapidement une hépatite C, contre 1% dans la population générale. A fortiori cette priorité socio-sanitaire s’accompagne d’un argumentaire économique : l'hépatite C et le Sida impliquent des traitements extrêmement coûteux estimés respectivement à 21 600 euros et 12 000 (à vie) par an et par patient.

Chaque année, le dispositif d'échange de seringues distribue en moyenne 320 000 seringues sans pouvoir fournir en proportion égale le matériel connexe. Pour une prévention efficace, en plus du matériel d'information et de prévention (brochures, préservatifs, lubrifiants, etc.), devraient également être distribués en suffisance des flapules d’eau stérile, des tampons désinfectants, de l’acide ascorbique stérile, et des Stéricups© (cuillères et filtres). Il faut encore ajouter les containers de récupération du matériel souillé et la gestion de ces déchets.

Depuis plusieurs années, les institutions concernées se mobilisent pour continuer à mettre à disposition des personnes particulièrement marginalisées des moyens de prendre soin de leur santé. Cependant les ressources restent insuffisantes pour assurer un accès satisfaisant à ce dispositif : couverture géographique réduite, ressources humaines limitées, restriction sur les dispositifs, etc. Aujourd'hui la situation budgétaire est extrêmement alarmante, particulièrement en ce qui concerne le matériel stérile d'injection dont il faut restreindre la distribution en dépit des besoins.

La première des priorités est donc de pouvoir offrir le matériel adéquat en quantité suffisante dans le dispositif existant.

Par ailleurs, il est important de développer la qualité et la cohérence de ce dispositif en renforçant l’évaluation, l’accès au Stérifix dans toutes les pharmacies, en étudiant l’implantation des automates récupérateurs/distributeurs de seringues (accès anonyme 24/24), en lançant des recherches-actions sur l’échange de seringues avec les détenus, les migrants et les femmes, en développant des petits comptoirs d’échange mobiles pour les zones décentrées, etc. Les évaluations scientifiques de nos voisins européens prouvent l’efficacité à moindre coût de ces méthode.

Le problème du sous-financement du dispositif entraîne de nombreux hiatus dans la continuité des actions préventives, exposant ainsi les usagers à de nouvelles conduites à risques. Ces conduites à risques sont susceptibles d’entraîner à terme une recrudescence particulièrement coûteuse - en termes économiques mais surtout humains - des infections, des exclusions sociales et des nuisances publiques.

Malgré le poids de ces arguments et de nombreuses interpellations politiques, le dispositif d’échange de seringues reste asphyxié financièrement. Il est contraint à une logique de survie qui l’oblige à sacrifier la qualité et la quantité du matériel distribué et place le travailleur dans une position intenable et absurde où il ne peut rendre accessible le matériel nécessaire pour appliquer les conseils de prévention qu’il dispense.

Pour soutenir cette démarche, vous pouvez remplir le formulaire ou contacter Florian Ruymen