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Alerte précoce


L’information diffusée via le réseau EWS est en premier lieu destinée à tous les professionnels du secteur socio-sanitaire qui entrent en contact avec des usagers de drogues. Cette information est destinée à être diffusée auprès de leur public d’usagers de drogues mais n’est pas destinée à une diffusion dans les média.

Drugs - Early Warning System / Système d’Alerte Précoce 4-Methylamphétamine dans du speed. Un décès.

L’Institut Scientifique de Santé Publique (ISSP) nous a informés ce 6 décembre 2012 des faits suivants : le laboratoire Chemiphar SA a informé l’ISSP le 30 novembre 2012 d’un décès lié à l’usage du 4-méthylamphetamine à Alost.

La victime était un homme, 32 ans, connu comme usager de drogues ; il est décédé chez lui fin septembre 2012 après la consommation de ‘speed’ contaminé avec de la 4-méthylamphetamine. On a également trouvé chez une poudre contentant de la caféine, de l’amphétamine et de la 4-méthylamphetamine (pas de quantification à ce jour).

Étant donné qu’il s’agit là du troisième décès de l’année lié à la consommation de ‘speed’ contaminé avec de la 4-méthylamphetamine, le BEWSD (« Belgian Early Warning System on Drugs » ou « Système Belge d’Alerte Précoce sur les Drogues ») souhaite attirer l’attention sur le fait que du speed contaminé est apparemment toujours en circulation.

Commentaires

  • La 4-Méthylamphétamine est un stimulant dérivé de l’Amphétamine. Elle joue notamment sur les circuits de la sérotonine, de la norépinéphrine et de la dopamine. Un usage de produits de la famille des amphétamines qui s’accompagne d’une activité physique intense (danse…) sans hydratation conséquente, ou une surdose de ces produits, risque de provoquer une hyperthermie (coup de chaleur) qui peut s’accompagner d’un accident cardiaque.
  • Comme nous l’indiquions dans notre message d’alerte précoce du 22/03/2012, la prise conjointe d’un stimulant et d’un dépresseur (« speed » ou 4-méthylamphétamine dans le cas présent, associés avec des dépresseurs de type alcool, cannabis, voire kétamine, comme lors d’un précédent décès), risque de provoquer deux effets opposés : « stimulation » d’une part, « dépression » ou « ralentissement » (ex : baisse du rythme cardiaque) de l’autre. Ces deux effets étant opposés, ils risquent de se « masquer » (l’usager peut avoir l’impression de ne « rien sentir »).
  • Dès lors, l’usager peut avoir tendance à re-consommer rapidement, ne sentant pas les effets habituels. Le risque de surdose est alors important, puisque les produits, bien que se masquant l’un l’autre, sont déjà bien présents et bien actifs dans le corps !

Conseils de Réduction des Risques pour les Usagers

  • Si vous décidez de consommer une poudre, veillez toujours à ne consommer que par petites quantités successives, le temps d’en juger les effets. C’est particulièrement vrai pour la 4-Méthylamphétamine (et donc pour le speed, qui semble en contenir de manière répétée depuis plus d’un an) ! En effet, il faut souligner que sept décès impliquant ce produit sont à déplorer depuis le mois d’août 2011 !
  • Evitez si vous le pouvez de consommer simultanément des stimulants et des dépresseurs (dans le cas du premier décès du mois de mars : kétamine d’une part, cocaïne et amphétamines de l’autre !). En effet, leurs effets étant opposés, ils risquent de se masquer et de vous faire croire que « rien » ne se passe. Si vous reconsommez « par-dessus », soit des stimulants, soit des dépresseurs, soit les deux ( !), le risque de surdoses augmente très dangereusement. Il peut être sage d’attendre 24 voire 48h ! (Cf le cas d’Anvers, dans lequel une sur-consommation dans les 24h, après le mélange kétamine-cocaïne, s’est avéré fatal !). Nous nous permettons pour une fois d’être insistants sur la prudence à observer. C’est votre vie qui est dans la balance.
  • Evitez les mélanges d’une manière générale, y compris avec l’alcool. Un grand nombre des décès qui nous sont signalés impliquent de la polyconsommation !
  • Rappel généraliste : ne partagez jamais vos pailles. Vous risquez la transmission de maladies infectieuses.

Que faire en cas d’urgence ?

  • Appelez d’urgence les secours : formez le n°100 ou le 112 (service médical d’urgence - appel gratuit).
  • Décrivez exactement ce que la personne a consommé
  • Décrivez l’état de la personne comme suit : est-elle consciente ou inconsciente ? Respire-t-elle ou non ? Son cœur bat-il ou non ?

Si vous pouvez confirmer / infirmer ces tendances, ou pour toutes questions, veuillez contacter Infor-Drogues (anonymement au 02/227.52.52) ou par e-mail miguel.rwubusisi@eurotox.org