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Les nouvelles drogues de synthèse


Selon les indications de l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies, les nouvelles drogues de synthèse (NDS) inondent le marché et constituent une nouvelle menace à laquelle les politiques de lutte contre les drogues doivent désormais aussi faire face.
Le nombre de NDS détectées au niveau européen a en effet fortement augmenté ces dernières années, tout comme le nombre de sites qui les proposent à la vente sur le web.
Ces molécules sont détournées de leur usage en recherche ou spécialement mises au point pour contourner les lois sur les drogues. Car ces lois sont telles que, dans la plupart des pays, il suffit de modifier légèrement la structure moléculaire d’une drogue interdite pour obtenir un nouveau produit aux effets similaires mais échappant au système législatif.

En Belgique, la consommation de NDS ne semble pas particulièrement élevée d’après les données disponibles, probablement parce que les drogues illégales y sont suffisamment disponibles et « attractives » (en termes de rapport qualité/prix).

Mais dans certains pays, elles peuvent effectivement concurrencer les produits classiques et inquiéter les autorités sanitaires parce que susceptibles de provoquer des intoxications aiguës sérieuses et parfois mortelles.

En effet, le profil pharmacologique et toxicologique de ces substances est généralement peu documenté voire inconnu, et il convient de les appréhender avec prudence en raison des incertitudes quant aux effets, dosage ou encore risques associés à leur consommation, ce que les usagers plus naïfs ou trop confiants ne font pas forcément. Les risques sont aussi majorés et surtout difficiles à évaluer en raison du fait que ces substances sont fabriquées et reconditionnées dans des conditions non-contrôlées (mélange de molécules, erreur d’étiquetage et dosage approximatif peuvent donc survenir) et parce qu’elles peuvent aussi parfois circuler sur la marché noir comme ersatz de drogues illégales, sans que l’usager en soit informé.

Pour faire face à ce phénomène, la Belgique a récemment pris l’option d’élargir la portée de l’arsenal prohibitif en interdisant anticipativement les nouvelles générations de produits (et rétrospectivement les anciennes) sur base de classifications génériques. Alors que la prohibition est manifestement inefficace et contre-productive en matière de lutte contre l’usage de drogues, que le « dark net » devient un mode alternatif et discret d’accès aux produits interdits, et que d’autres alternatives encourageantes sont initiées (les marchés réglementés), la réponse belge peut donc paraître plus que jamais inappropriée.

Michaël Hogge
Eurotox asbl