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Trop, c’est combien ? Une étude sur les seuils de risque en matière de consommation d’alcool


Les « recommandations » en matière de consommation d’alcool varient parfois fortement d’un pays à l’autre remarquent des chercheurs dans un article, en accès libre, récemment publié dans la revue Lancet.

Alors que la limite hebdomadaire recommandée pour les hommes est de 196 gr aux États-Unis, elle est de 280 gr en Espagne et de 112 gr au Royaume-Uni. Selon les chercheurs, de telles variations trahissent une incertitude quant aux conséquences de la consommation d’alcool.

Afin de contribuer à la formulation de recommandations fondées sur des données factuelles, ils ont analysé des données de près de 600.000 consommateurs actifs d’alcool et observé que, comparés à ceux qui rapportaient consommer >0-≤100 gr d’alcool par semaine, ceux qui rapportaient en consommer >100-≤200, >200-≤350 et >350 gr perdaient, respectivement, 6 mois, 1-2 ans et 4-5 ans d’espérance de vie à l’âge de 40 ans. Ces différences étaient attribuables, pour 20%, à une surmortalité causée par une pathologie cardiovasculaire.

Par ailleurs, et contrairement à l’idée selon laquelle le risque de pathologie cardiaque diminue chez les consommateurs modérés, et ce, par rapport aux consommateurs excessifs et aux abstinents (cf. courbe en J ou en U), la consommation d’alcool était positivement et linéairement associée à tous les types de pathologies cardiovasculaires étudiés (hormis l’infarctus du myocarde), ce qui s’explique notamment par le fait que la consommation d’alcool augmentait la tension artérielle systolique des participants.

Sur base de ces résultats, les auteurs de l’article plaident pour un abaissement du seuil de consommation d’alcool recommandé à 100 gr par semaine. D’aucuns verraient probablement dans ces résultats des éléments supplémentaires en faveur d’une interdiction de la mention « À consommer avec modération ».

A lire (en anglais)